Le graff et son évolution

Cette semaine le sujet de notre article traitera du graff comme outil de revendication. Cependant, commençons par une petite recontextualisation…. Faisant parti des multiples disciplines du mouvement hip hop, le graff naît dans les années 70 aux USA.

Imaginez- vous, nous sommes dans les rues de NY, ces dernières sont en effervescence et la jeunesse bouillonne ! Elle décide de prendre la parole à travers diverses formes d’expression et certains choisissent le graff. De cette manière, leurs terrains d’expression se développent dans les métros. Là encore le choix est loin d’être anodin: comment se faire remarquer ou comment se faire lire à travers toute la ville ? Le métro arpente tous les quartiers! Ou encore les murs , les portes , les voitures et les bus…. Pour beaucoup d’artistes, le but est de laisser une trace, une forme de témoignage de son existence et de sa condition, ou peut-être même de son simple passage sur terre.

Il est important aussi de souligner la notion d’illégalité dans la performance. En effet celle-ci a mis plus de 20 ans avant d’être reconnue comme un art à part entière. A présent le Wildstyle a toute sa place dans les galeries, après avoir était fortement réprimandé, considérées comme underground.

Etant des habitantes de la cité phocéenne, nous avons pu nous rendre compte de l’évolution des mœurs, des mentalités, et du traitement de la pratique. Considéré comme du vandalisme au préalable, les villes se sont pourtant ouvertes à cet art. Promenons-nous dans les rues du cours julien ou de la plaine, dans le 6éme arrondissement de Marseille, et nous y verrons les murs fournis en expression. Certains graffs sont des commandes de la part des commerçants du quartier ou des commandes de la mairie.

Su

Sur les photos ci-dessus nous pouvons voir des œuvres de DIFUZ GAMO JOKE et NHOBI artistes locaux qui graffent dans la ville entière et qui sont reconnus par l’ensemble des graffeurs. Un graffeur gagne sa notoriété à travers le soutien de la communauté, des risques pris pour la réalisation, de l’esthétique ainsi que la pérennité de son travail.

Nous pouvons aussi trouver une grande fresque de NHOBI au Panier sur la place de la vieille charité. Il est intéressant de remarquer que d’une expression purement sauvage et réprimandée, le graff est à présent une des caractéristiques revendiquées par Marseille. La ville développe un tourisme particulier avec des propositions de visites guidées afin de connaître les artistes.

Comme toutes pratiques artistiques ou novations dans la technique, il faut un temps d’adaptation pour que le publique et les mentalités se fassent au renouveau. Prenons Edouard Manet et son « Déjeuner sur l’herbe », au début vu comme une hérésie artistique au temps du classicisme, le voilà aujourd’hui propulsé au rang de chef d’œuvre absolu pendant que les peintres classiques du 19 éme siècle font seulement parti d’un savoir académique.

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