Ladjoint Skenawin X Begonstyle Partie I

    Quoi de mieux que de commencer une nouvelle année avec un des meilleurs beatmaker de l’année ? Nous vous proposons Monsieur Ladjoint Skenawin Aka le Maroc, cette étoile montante enfin repérée. Enfant de la cité phocéenne ce dernier se présente à nous en toute simplicité dans son laboratoire musicale, considéré comme un lieu que nous ne présentons plus, il s’agit évidemment du studio emblématique de la Savine : B-Vice. Cependant dû à un entretien passionnant et de ce fait fortement long, nous avons décidé de vous le présenter sous forme de gazette, avec une parution hebdomadaire afin de pouvoir vous livrer la totalité de ses propos.

BegOnStyle: « Bonjour merci de nous accueillir dans ton antre

-Ladjoint Skenawin : c’est normal

-BegOnStyle : Du coup nous avons plusieurs questions à te poser, tu es aussi bien MC que Beatmaker, de ce fait ton parcours nous interpelle

-Ladjoint Skenawin : Avec plaisir.

-B.G : Depuis quand fais-tu de la musique ?

-L.S : Depuis quand je fais de la musique.. ? J’ai commencé à rapper en 94, quelque chose comme ça 94 /95, à la base j’étais MC et par la suite j’avais un groupe, on avait un studio en commun. Ensuite j’ai commencé à toucher aux « prods », il a fallu que je m’y mette, et de là j’ai basculé et j’ai commencé à enregistrer, tu sais on était un peu autonome donc ça tournait, tu fais des prods, tu enregistres et tout ça… et par la suite, je suis devenu ingénieur du son et ça a pris le dessus.

Pour voir ladjoint au mic en freestyle sur booska-p, #allenakino #napo #isma #redk #gino #Kza #L’virus #C-Cat

-B.S : Qu’est ce qui t’as mis le pied à l’étrier concrètement ?

-LS :C’est le retour des artistes avec qui je travaillais, euh… c’est quand euh…T’sais à la base tu enregistres, tu fais des featuring avec les gars et tout, et par la suite ils disent « Ouais, ça sort bien ! Le son, il est bien !! », (machin si, ça…) et euh… par la suite ça m’intéressais de taffer des morceaux avec eux, d’échanger avec eux, et voilà j’ai basculé directement en studio, donc ça m’intéressait donc du coup j’ai fait une formation d’ingénieur du son pendant un an, ensuite j’ai fait un stage dans un studio qui s’appelle « Impulsion », c’était un gros studio avant sur Marseille…

-B.S : Qui était où ?

-L.S : Il était du côté  d’Estrangin, je sais plus quel arrondissement c’est, euh donc, voilà et là j’ai été amené à rencontrer des artistes, travailler avec eux et on va dire que je me suis fait un peu piégé par le métier (sourire…) et ouais donc voilà j’ai kiffé ce métier, j’ai trouvé que c’était quelque chose d’intéressant. Par la suite je me suis dit : « pourquoi pas essayer », j’ai fait ma formation et par la suite je me suis retrouvé ici directement.

Screenshot_20171230-142741

-B.S : D’accord…Maintenant que tu nous a expliqué comment tu es venu au beatmaking, pourquoi Ladjoint ? et pourquoi Skenawin ?

-L.S : Alors…(Sourire rieur) pourquoi Ladjoint, ben Ladjoint à la base c’est mon blaze de MC, parce que…parce que je roulais les joints dans le groupe (éclats de rires communs, certes on ne s’y attendait pas… !!) voilà, parce que à chaque fois c’était « Vas-y Ladjoint, fais en un ! » donc voilà….

-B.S : Un savoir-faire mit en valeur (rires) !

-L.S : Voilà, un savoir-faire mit en valeur, et par la suite voilà je l’ai gardé parce que, je suis un peu le coach des artistes avec qui je travaille et euh..Ladjoint ça me correspond bien tu vois, même si j’ai arrêté de fumer ça fait des années tu vois, euh.. voilà j’ai gardé ce blaze, de toute façon tout le monde m’appelle comme ça, donc pourquoi changer et de deux Skenawin en fait c’est « Skenawouéain » (oui parce que la prononciation n’est pas laissée au hasard, donc je choisis cet orthographe afin d’être le plus fidèle dans la retranscription écrite ! A vos accents !!!) Et en fait jt’explique, si tu veux savoir le vrai truc, parce que à la base on était entre potes, et tsais on faisait les mecs qui rappaient en américain mais qui savaient pas parler en américain tsais et euh… On faisaient des phases comme ça « wouin ne wouin skenawin » et tu vois, (rires communs à toutes personnes étant présentes lors de cette merveilleuse genèse explicative du pourquoi et du comment du « skenawin » !!) à la base après c’est un mot que j’ai inventé, qui veut dire euh… « ouais ça tue, ça déchire » en fait c’est ça, et par la suite du style quand j’habillais mon fils en JoJo ( translate : marque Jordan, qui constitue l’intégralité du monsieur devant nous..) ou quoi il me le ressortait parce que je le disais souvent et quand j’ai vu que même lui le disait, que ma mère le disait je me suis dit « bon ben ce mot fait partie de moi » tu vois.. Donc voilà Ladjoint c’est moi, Skenawin c’est mon fils !!! et c’est pour ça que je signe mes prods avec ce mot là…

-B.S : D’aaccord, donc du coup la bonne prononciation c’est Skenawouin, (c’est avec grand plaisir que je re-prononce ce mot qui nous fait tant rire !)

-L.S : tu vois c’est dégaine quand tu le dis en plus ! C’est fluide !!! Mais ça veut rien dire, c’est un mot inventé quoi ! Tu sais des fois je travaille avec des artistes, ils disent « ouais, ça le fait ce blaze ? » je dis « mais frère on s’en fou, le plus important c’est ton son, après ton nom si ça prend trois lettres ou vingt lettres, on s’en fou en fait..

-B.S : Mais en même temps il y a un côté intéressant, il y a un effet leitmotiv à Skenawin, parce que du coup à chaque fois que c’est tes prods c’est signé, on sait que c’est toi, et généralement, les beatmakers, il y a un côté ou ils sont dans l’ombre, on les voit pas vraiment, c’est vrai que du coup savoir que c’est toi directement tu t’identifies et du coup on sait d’où ça vient…

-L.S : Ouais mais ça, ça vient de… d’un gars qui travaille avec l’association, il s’appelle Assani et d’ailleurs « Big Up » à lui, c’est lui qui m’a dit «Tu fais des prods super variées, super large, tu peux faire un truc musical, un truc sombre énervé, des trucs adaptés à des artistes différents tu vois, c’est dommage on ne sait jamais que c’est toi… » et pleins de gens me disaient « putain c’est toi qui a fait la prod ! ok, rien avoir avec ce que tu fais d’habitude!! » et il m’a dit « ce serait bien que tu mettes une signature, pour qu’on sache que c’est toi à chaque fois ! » J’ai trouvé ça intéressant parce que els beatmakers américains, ils avaient tous leurs gingles, ils avaient tous leurs signatures, donc je me suis dit autant faire la mienne aussi !!! En plus je suis content parce que c’est mon fils !

-B.S : Comment décrirais-tu ton processus de création, comment ça fonctionne quand tu te mets à créer ?

-L.S : euh… En général le plus souvent, il y a un artiste qui vient à moi tu vois, donc on commence à discuter de ce qu’il fait et tout ça, on se met à enregistrer il y a plusieurs séances, moi je vois un petit peu son univers, donc je vois si le mec il est dans du ouvert je vais m’adapter un petit peu à ce qu’il fait, la personnalité qu’il a, le vocabulaire, parce que chez chaque artistes tu as un vocabulaire un petit peu différent tu vois, tu as des mecs qui sont street, tu sais que ça va être à base d’insultes ou quoi… il y en a qui vont être super bobos, super français avec les bonnes prononciations. Donc déjà j’essaye de capter le délire de l’artiste, sa personnalité, son univers et tout…et après par la suite moi tu vois, je greffe, on va dire ma patte et j’essaie de faire un truc un peu spécial donc après sa part euh, ouais donc premièrement on échange, il enregistre. Deuxièmement j’attends qu’il revienne vers moi, qu’il me dise « qu’est- ce que tu pourrais m’apporter ? Qu’est-ce qu’on pourrait faire ? Toi tu le vois comment ? » parce que tu sais les gens la plupart du temps les gens ils viennent plus à moi et ils me demandent, ils me disent « tu as cartes blanches, feu vert, vas-y fais ce que tu veux que, si tu as quelque chose à apporter » on me fait confiance et ça tue ça !!! Donc en partant de là, c’est moi qui propose des choses, du style « vient on essaye de faire un son comme ça », je prends beaucoup d’inspiration chez les « ricains » du style, quand un artiste arrive, si il fait du rap assez street avec des prods un peu énervées, je vais prendre des références comme : Meek Mill, ( je n’ai pas compris l’autre artiste…) tu vois et en même temps j’essaie de mélanger ce que je fais-moi. A vrai dire j’essaie de ne pas tout le temps faire la même chose parce que sinon après tu tournes en rond et après ça soule, donc vraiment j’essaie de tirer le meilleur de l’artiste. Si par exemple l’artiste, il est bon en kickage, qu’il sait super bien rapper c’est clair que je vais être plus amené à collaborer dans ce sens-là tu vois… Euh… après ce qui est le plus dur euh…c’est d’ouvrir les choses, parce que tu vois un artiste… admettons je te donne un exemple, le mec c’est un kickeur, il fait de gros freestyle, il a des grosses punchlines c’est super, mais c’est …ce n’est pas assez…c’est surtout quand tu travailles un projet, il faut que tu découvres chez lui. Tu vois si c’est un mec qui fait que se marrer, rigoler avec ses potes, moi j’aime bien avoir un son ou on ressent ce petit truc. Après faut pas aller trop loin dans le truc non plus mais, c’est un truc ou il faut s’adapter tu vois donc euh…moi ma façon de travailler c’est vraiment, je vois l’artiste comment il est, j’essaie de rentrer dans son univers, des fois il en a pas forcément, donc j’essaie de le créer carrément, parce que tu vois les rappeurs ils arrivent ils disent « ouais l’instru, elle est bien, j’rappe » tu vois ? Ils ne se prennent pas trop la tête, et mon rôle à moi c’est de lui dire « c’est super, tu fais un petit peu de tout, mais on sait pas où tu veux en venir ? Moi je trouve que ce délire-là te correspond bien » et la plupart du temps c’est un son qu’il a enregistré ou on capte cash que la ça marche bien donc ce que je lui dis c’est « viens, on se focalisent sur ce délire là et on essaye d’ouvrir un petit peu de temps en en temps on fait des écarts, mais on reste quand même dans ce fil conducteur », parce qu’imagine tu écoutes un artiste et il fait de tout ? Il n’y a plus d’intérêts de l’écouter quoi….

Screenshot_20171230-142711.jpg

-B.S : Ce qui peut être intéressant chez un artiste c’est en effet saisir le fil conducteur, pour comprendre d’où il veut en venir, mais vraiment tu proposes un accompagnement, c’est presque du mécénat que tu fais quelque part, puisque tu accompagnes un artiste jusque dans l’aboutissement de son œuvre…

-L.S : C’est exactement ça, mais c’est ce qui m’intéresse…

-B.S : mais c’est vachement plus profond, tu t’investis dans le travail

-L.S : Oui c’est plus profond, après il y a des affinités….   »

A suivre…

 

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s