Ladjoint Skenawin X BegOnStyle Part II

     Voilà chères lecteurs la suite de notre gazette de Ladjoint. Comme annoncé dernièrement nous vous donnons notre rendez vous hebdomadaire à la rencontre de ses Hommes de l’ombre…. Sans plus attendre nous vous laissons vous plonger une nouvelle fois dans l’univers d’un homme simple, humble et passionnant…

« -B.S : Une collaboration qui t’aurait vraiment plu se serait laquelle ?

-L.S : une collaboration qui m‘a vraiment plu ? euhhh…fouuu… En fait il y en a eu tellement que… Je ne peux pas te dire en fait précisément, parce que en fait, autant quand c’est des « zikosses » je kiff, avec des musiciens et tout c’est le genre de collaboration que j’aime beaucoup parce que, j’apprends. Tu vois si je suis dans une collaboration ou le rappeur, je dois lui faire des prods, c’est bien ça tue hein…mais euh… ça reste assez basique quoi. J’apprends tu vois mais, je maitrise plus. Si je me retrouve avec des guitaristes et des bassistes, franchement la vérité, je trouve que la collaboration… limite, je m’efface un petit peu plus, parce que l’oreille des musiciens c’est quand même autre chose tu vois…. Je reste quand même ingénieur du son beatmaker ok mais j’ai pas la prétention de dire que je sais jouer comme un musicien, donc lui m’apprend réellement. La collaboration est bien avec des directeurs artistiques aussi, ils s’y connaissent. Franchement il y a des directeurs artistiques, notamment même si ce ne sont pas des DA, par exemple un mec comme Tefa, moi il m’a beaucoup appris tu vois ? Le mec tu restes quelques heures avec lui en studio, tu vois comme il travaille, tu dis ok, tu fermes ta gueule et t’écoutes tu vois (rires)…

-B.S : Dans quel cadre as-tu eut l’occasion de rencontrer Tefa?

-L.S : Je l’ai rencontré lors de l’album de REDK, Chant de vision, donc nous on avait fait, 15-20 titres ensemble. On a fait ce que l’on savait faire et il y a un moment donné ou on tournait un peu en rond et euh donc on a eu besoin de faire appel à un autre réalisateur, quelqu’un d’un petit peu au-dessus qui pouvait nous apporter autre chose. Du coup on s’est remis en question, le mec il sait bien bosser, il a des beatmakers de fou, des idées de malade, c’était surtout par rapport au featuring avec Lino (le son Un mal pour un bien). Du coup on a essayé de travailler ça avec lui, de suite tu sens que le gars il a de la bouteille. Il y a aussi le son avec Ali qu’on a fait là-bas, euh le son…ou il parle des meufs là… je ne me souviens plus du titre…(Il\elle) donc voilà tu bosses avec Tefa, c’est un autre délire quoi tu vois ? c’est là-bas aussi que j’ai rencontré Sofian, c’est un carrefour du RAP. (….) Le mec il a fait tout le RAP français, c’est un gros apprentissage d’aller voir un mec comme ça….

-B.S : Ou te situes tu en terme de courant musicale ?

-L.S : Ben écoutes, Hip-Hop hein ! Après de temps en temps j’essaye de toucher à autre chose, voilà. Mais sinon ouais principalement le rap, enfin de l’urbain on va dire, maintenant on dit « l’urbain » voilà, (sourire suivis d’un léger soupire.)

-B.S : Comment ça se fait que nous soyons passés du RAP à l’urbain ?

-L.S : Parce que le rap à la base c’est un rappeur, mais maintenant tu as des rappeurs ils chantent, ils te font des tubes, ils font des trucs hyper ouvert, limite tu as du rap qui est un peu pop, tu as du rap qui est très musical, tu as du rap qui reggae, le rap c’est ouvert quoi, tu peux faire de la dancehall sur du rap, tu peux faire ce que tu veux donc heu… je pense que c’est bien que cette appellation « urbain », ça veut dire que c’est très large, tu peux faire du rap énervé, tu peux faire du rap conscient….ça ouvre les portes, on va dire que c’est de l’urbain voilà ! Ce que je fais c’est de l’urbain…(sourire).

-B.S : Mais du coup comment vois- tu l’évolution du Rap ? Entre le moment où tu as commencé et à l’heure actuelle, le processus de travail est-il différent ? Les thèmes que les artistes abordent ont-ils changés ?
-L.S : Ouais, bon, alors…moi à la base quand il y a eu le virage, enfin si j’ai arrêté un peu aussi le rap c’est parce que j’étais écœuré de ce qu’ils se faisaient tu vois…moi j’étais super Hip Hop , je posais sur des sons New York 98 tu vois, donc du coup quand on est passé à du « dirty » des trucs comme ça et tout, moi ça m’a fait mal au cœur tu vois, et j’avais l’impression de ne plus être concerné, ‘fin, je me suis dit : « qu’est-ce que je vais faire là-dedans ? » Je ne comprenais plus trop le publique qu’est qu’il aimait, c’était chelou tu vois. En fait je suis arrivé à la période où il y a eu un peu la transition quand je me suis mis un peu à fond dans le rap. Donc au début j’étais plus écœuré qu’autre chose et par la suite en ayant une autre casquette d’ingénieur du son, bin franchement j’ai appris à apprécier ce qu’ils se faisaient, j’ai vu qu’il y avait toujours du positif, ils y avaient des trucs bien à prendre, tu vois il ne fait pas rester aigri non plus, de se dire « ouais c’était mieux avant… ! c’était mieux mon époque !!! ». Moi je pense que ce qu’il faut se dire c’est « Mon époque je vais la transmettre aussi maintenant » tu vois ? Parce que maintenant le rap c’est devenu une industrie où tu peux faire ce que tu veux…c’est-à-dire demain je ramène un pianiste de variétés, je peux faire un son avec lui !!! ‘Fin moi je trouve ça super bien tu vois, alors qu’avant on était super fermés, c’était « ouais il me faut un sample de soul, ou il me faut un sample de Jazz sinon je ne fais plus rien » alors qu’à l’heure d’aujourd’hui….

-B.S : Il y a un métissage aux niveaux des musiques…

-L.S : Ca déchire je trouve, on peut je sais pas, t’sais regarde par exemple…L’Algerino, il fait des délires un peu Raï, euh…, tu peux avoir, après que ça plaise ou pas franchement c’est des trucs qui fonctionnent. Tu peux avoir des mecs comme, j’sais pas Jimmy Sissoko qui amène son délire un peu reggae, lui j’ai déjà enregistré et franchement c’est un tueur ! Je trouve que ça tue d’avoir des mecs comme ça ! En plus récemment il me faisait écouter des morceaux, le mec il a des morceaux tu vois pop machin, tu vois tout !

-B.S : Il est pluriel…

-L.S : Voilà ! Et franchement je trouve ça intéressant, on reconnait toujours le gars mais ça permet d’ouvrir les choses et ça permet de ne pas s’ennuyer aussi… ! Parce que tu imagines là si on refaisait du rap 98 NY ?! (…) Ce que j’apprécie dans la musique d’aujourd’hui c’est l’ouverture ! (…) Il y a un son de Migos que j’ai écouté, c’était un son rock avec de la guitare électrique qui a un Beat Rap, ça tue ! ‘Fin moi de toute façon, je suis pour le mélange, je suis pour la musique. En plus je te dis ça, moi en ce moment je suis dans un délire « Arabic Trap », j’appels ça de l’Arabic Trap, je mets un peu des vibes de l’orient et je mets des beats traps dessus, je trouve que ça tue et d’ailleurs il y a un titre de YL qui est sorti qui s’appelle « Sarrazin », tu vois les gens ont kiffé. J’aime bien apporter quelque chose de nouveau. Si c’est pour refaire ce que les autres font, déjà j’ai envie de te dire il y a déjà des gens qui le font bien, ça va être dure de faire mieux qu’eux, donc autant arriver avec des trucs différents ! J’ai essayé de prendre des boucles turques, je prends un peu de tout…

-B.S : Du coup ta culture musicale doit être aussi pas mal riche…

-L.S : ah oui oui, j’écoute pas que du rap hein !

-B.S : Dans la composition il vaut mieux, sachant que tu veux être dans l’ouverture !

-L.S : J’écoute de tous, à part le métal qui n’est pas trop mon truc, après tu peux me faire écouter ce que tu veux, et le Raï aussi c’est pas trop mon domaine, et ouais quand j’étais petit, les mariages et tout là ! Ca m’a donné mal à la tête tout ça ! (Éclats de rires encore une fois communs ! ça a l’air de bien l’avoir marqué !) mais je respect aussi il y a de méchant truc à faire, je fais bien de l’Arabic Trap… Pour moi il y a du positif partout ! Il y a pleins de trucs à écouter, il ne faut pas passer à côté c’est tout !

-B.S : Du coup on a vu que tu étais parti à Los Angeles, qu’est-ce que tu pourrais nous en dire ?

-L.S : La seule chose que je peux te dire c’est que c’est le « Turfu » là-bas !!! (Rires) Ben écoutes, à part te dire qu’on voit tout en grand, il y a de grosses caisses, des…des….des….pffff franchement c’est magnifique là-bas n’empêche, il n’y a rien à dire. Au niveau business ça va à la vitesse de la lumière, niveau rencontres, même les gens, ils sont assez ouverts c’est pas comme en France, tu fais des connaissances, je suis parti là-bas j’ai rencontré une animatrice de MTV France, j’ai rencontré un manager d’un rappeur qui s’appelle Freddie Gibbs qui bossait avec Pharrell Williams et compagnie, tu vois c’est…c’est démesuré là-bas je trouve ! J’ai même rencontré des français, des belges aussi qui sont partis s’installer depuis 6 ans. J’sais pas tu vas dans la rue tu peux te faire un contact et finir ta soirée tu sais pas où tu vois ! Après les paysages et tout j’avais l’impression d’être dans GTA, dans les films que je regardais. Les points négatifs pour moi c’est au niveau des mentalités il y a des trucs qui ne sont pas pareil, quand tu es en Europe et quand tu es là-bas ça n’a rien n’avoir, ils ont des délires ou heu… on a certaines valeurs qu’eux, ils n’ont pas forcément, (il marque une pause…) Après en bien comme en mal. Le plus gros point positif c’est la radio là-bas, j’ai allumé la radio dans la voiture, j’ai laissé pendant trois heures la radio, il n’y avait que de la frappe ! Que du gros son !

-B.S : Nous sommes en retard nous ?

-L.S : A ouais !!! Mais ce n’est même pas qu’on est en retard…. En fait ce n’est pas qu’on est en retard, ‘fin si on est en retard dans le délire et tout, mais c’est que « eux », je sais pas ils sont visionnaires eux…nous on est un peu terre à terre, « ça, ça fonctionne on fait, ça, ça fonctionne pas on ne fait pas », alors que là-bas, en ce moment c’est la mode des rappeuses, il n’y a que des rappeuses, elles sont énervées tu vois, alors qu’en France regarde on a du mal avec ça. Et c’est pour ça que voilà même moi ça fait euh… au moins un an et demi que je travaille avec une rappeuse donc je me suis dit « Bon tu vois tu n’es pas dans le faux quand même » j’ai même fait écouter ils ont kiffé et tout ! Je me suis dit « c’est bien d’aller là-bas pour prendre la température et ramener des trucs ». Un mec comme Booba, ils ont eu raison pour moi de faire des allers-retours, ramener un peu la culture de là-bas, les sonorités, le délire et tout. Ben tu vois de toute façon je te parlais de Tefa, il va souvent là-bas lui, c’est clair qu’il est connecté de là-bas à ici et donc ça t’ouvre l’esprit, tu es capable de faire plus de trucs. Et euh…sinon aussi putain… ! C’est les embouteillages (nous dit-il d’un air grave et solennel) Mon dieu….

-B.S :Pire que chez nous (rires) ?

-L.S : Mais oublis chez nous ! Rien avoir ! J’ai jamais vue des embouteillages 24H /24. Nous tu as les heures de pointes, là-bas l’heure de pointe ne sors même pas de chez toi, ça ne sert à rien, c’est horrible !

-B.S : Du coup tu as établit des connections là-bas ?

-L.S : Ouuais, vite fait, notamment Max à qui je fais un Big Up, le Manager de Freddie Gibbs, qui a kiffé un peu les prods et tout le délire que je faisais, donc voilà on est resté connectés, et je pense qu’il va y avoir quelques petits trucs. Et je suis monté aussi avec MKN et Arcanes qui sont de la Black Story. MKN a tourné de clip là-bas, donc son manager a fait pleins de connections là-bas, on a fait deux nouveaux titres, il a finalisé son projet. Derrière Arca, il a fait un featuring avec un « ricain », je ne me souviens pas vraiment de son nom mais c’était un kickeur, là-bas c’était l’avenir de South Beach c’est ça qu’il me disait, le morceau déchire, c’est moi qui ai fait la prod et tout j’étais content de voir en plus Max a assuré parce qu’il nous a fait la traduction du gars et ensuite il a traduit Arca au gars, franchement ça tué, c’est rare de voir des trucs comme ça. Nous après on a comparé les punchlines en français et en américain, et tu vois quand tu traduis en américain…nous on se disait et on lui disait « « Nous quand on dit en français c’est nul » tu vois ce que je veux te dire (rires)… Et pourtant lui il m’expliquait « Mais pourtant en américain ça a un sens de malade !!! » je lui dis « ouais je vois le délire, c’est les formulations de phrases et tout. » Et aussi ce que l’on a constaté c’est que nous on disait pleins de trucs différents, par exemple Arca disait plein de trucs différents dans son couplet et lui, il sait tout le temps la même chose, mais reformulé différemment et en fait il répétait plus ou moins tout le temps la même chose, ‘fin pas la même chose mais euh…il disait un peu la même chose avec des formulations différentes mais ça tué ! Nous on ne peut pas le faire, et ouais c’est bien ça m’a permis de comprendre ce genre de chose. On va dire mon vocabulaire en anglais, il est archinul, ça m’a permis de connaître quelques petits mots ! Mais tu voyais que quand tu faisais la traduction en ricain ça devait être une grosse punchline, et puis le mec comme il se pose, pfouuuu ça déchire quoi !!! Quand tu vois un américain poser ça n’a rien avoir, c’est un kiff…… »

A suivre…

#Skenawin #BegOnStyle #HommeDelOmbre

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